Violences sexuelles à Madagascar : causes dénombrées et solutions avancées

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Entre prostitutions, mariages forcés, violences domestiques et agressions sexuelles, les femmes subissent et les autres se taisent, tristes témoins feignant l’ignorance au lieu de dénoncer les abus.

Ces constats navrants, on en dénombre par centaines et pas uniquement dans la capitale. Les autres villes telles que Mahajanga, Nosy Be, Antsiranana, Fianarantsoa ou encore Toliara sont tout autant concernées.

Quelles sont les causes les plus récurrentes qui expliquent l’ampleur des violences sexuelles ? Comment expliquer qu’à l’orée de 2021, on en soit encore à essayer de rétablir l’égalité des sexes et à éradiquer les violences basées sur le genre ?

Inventaire des principales causes des violences sexuelles à Madagascar

Selon les sources de l’Instat (2013), 25 % des femmes malgaches âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences sexuelles au cours des 12 derniers mois. 17,14 % des filles ont subi des attouchements et des relations sexuelles non consenties à partir de 15 ans et 2,5 % femmes âgées de 15 à 49 ans ont été forcées à avoir des relations sexuelles contre de l’argent.  

Les statistiques dénoncent également des cas d’attouchements et de mariages forcés sur des filles âgées entre 10 et 14ans (15,3 %). Ces chiffres témoignent de l’urgence de la situation, surtout en ce qui concerne les violences perpétrées sur des mineurs.

La pauvreté, le manque d’éducation, l’insécurité, les normes sociales et cette fâcheuse proportion à voir en la femme, le sexe faible, donc en proie à toutes les formes de rabaissement, sont tout autant de causes qui alimentent les violences sexuelles à Madagascar.

Une fille qui se voit forcée de se marier à 15 ans en échange de faveurs financières, une mère de famille qui doit faire le trottoir pour subvenir aux besoins de sa famille, une femme qui subit un viol conjugal et qui doit se soumettre au mari : ce sont des cas que malheureusement l’on compte à la pelle.  

Rajoutez à cela l’exploitation sexuelle des enfants dans le voyage et le tourisme (ESEVT) et l’on comprend mieux pourquoi il est impératif de mettre en place dès maintenant des solutions efficaces qui aideraient à améliorer la situation.

Recommandations pour endiguer les cas de violences sexuelles

Force est de constater que les recours déjà existants et les solutions déjà mises en place n’ont pas permis d’observer une amélioration de la situation qui, avouons-le, est déjà précaire. Pour donner un coup de pied à la ruche, il faut renforcer les actions de prévention et de sensibilisation. La promotion d’un comportement anti-violence, de l’égalité des sexes et la mise en place d’une formation sur l’éducation sexuelle dans les écoles doivent notamment être envisagées.

Comme toute éducation commence dans le foyer, il est également impératif de responsabiliser les parents et de leur faire comprendre l’importance de leurs rôles dans la lutte contre les violences sexuelles. Dans la même idée, il faut essayer d’avoir une autre approche de la culture malgache et ainsi, éviter d’en faire référence pour justifier la mise en péril de l’intégrité des femmes. Enfin, tout doit être fait pour simplifier et écourter les procédures en cas de dénonciation et de plaintes. En parallèle, la mise en place de centres d’aides (psychologique, sociale et médicale) et une meilleure prise en charge des survivantes doivent être repensées.

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