Prélèvement à la source : l’élection de Macron qui change tout

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L’application du prélèvement à la source dès le 1er janvier 2018 pourrait ne pas se faire. Très sceptique vis-à-vis de cette réforme, Emmanuel Macron pourrait se donner plus de temps afin de bien tester cette nouvelle mesure.

Du temps pour tester

C’est officiel, Emmanuel Macron reporte d’un an le lancement du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Cette modification avait été lancée par Michel Sapin et Christian Eckert et approuvée par le gouvernement de François Hollande il y a plusieurs mois. Elle devait être appliquée au 1er janvier 2017.

Le nouveau président français s’était exprimé sur le sujet le 29 mars dernier, sur Europe 1 : « Je pense que c’est une bonne réforme, donc elle se fera, mais elle se fera avec la méthode décidée, c’est-à-dire expérimenter, regarder les problèmes et les corriger », et ce, durant « la première année », avait expliqué celui qui était encore candidat. »

Les raisons d’un report

Pour Emmanuel Macron, c’est d’abord à cause des entreprises qu’il se montre sceptique. Pour lui, c’est à elles de prélever directement l’impôt chaque mois sur le salaire de leurs employés. Il veut ainsi attendre de voir la charge de travail que cela va représenter : « Il y aura immanquablement des loupés techniques et je n’ai pas envie de plonger le pays dans l’incertitude totale ».

Autre raison, plus politique, celle de l’impact sur les salariés. En effet, avec le prélèvement des impôts à la source, le montant du salaire sera forcément plus bas. Le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, a réagi à cette opinion, évoquant « un bien grand mépris de l’intelligence de nos concitoyens ».

Enfin, l’application de ce changement gommerait l’effet des mesures fiscales qu’Emmanuel Macron veut prendre en 2018 en faveur du pouvoir d’achat, d’où sa volonté d’attendre.

Parmi ce qu’il prévoit à moyen terme, la suppression des cotisations salariales (maladie et chômage), une mesure qui permettrait de donner un coup de pouce financier aux ménages. Celle-ci sera déjà contrebalancée par une hausse de 1,7 point de la CSG. D’après les équipes du nouveau président, le solde de ces deux mesures sera positif pour les salariés.

Il n’y aura donc probablement pas de changement en 2018. Rappelons tout de même que la préparation de la réforme a déjà coûté 50 millions d’euros, un report serait donc pour Christian Eckert, « un gaspillage d’argent » public.

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