Pourquoi les enseignants n’adhérent pas aux recommandations de Blanquer

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En décembre dernier, le ministre de l’Éducation nationale adressait des conseils aux enseignants. Parmi ceux-ci, dictée quotidienne, un quart d’heure de calcul mental, une application systématique de la méthode syllabique et l’usage de cahiers à réglure Séyès… C’était sans compter sur la réaction des intéressés, qui s’estiment heurtés.

Le 26 avril, sous la forme de quatre circulaires publiées au Bulletin officiel et d’un livret de synthèse, Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP, ont été adressés aux écoles. Si ces textes ont été présentés comme des « recommandations au service de la maîtrise des savoirs fondamentaux à l’école primaire », portant notamment sur la lecture, l’enseignement de la grammaire et du vocabulaire, le calcul et la résolution des problèmes, les enseignants les ont vus d’un tout autre œil. Pour eux, il s’agit tout simplement de ce qui se fait déjà. Et de dénoncer une opération de communication.

Les syndicats grognent

Ainsi, pour Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-UNSA, celle-ci est destinée à flatter une partie de l’opinion, en surfant sur la « nostalgie d’une école d’antan ». « En rejouant par exemple la question de la méthode syllabique en lecture, Jean-Michel Blanquer est sûr que tout le monde sera d’accord, puisque c’est déjà la méthode majoritairement mise en œuvre, et il laisse penser qu’aujourd’hui ce serait la pagaille généralisée. »

Les textes demandent de privilégier la méthode syllabique contre toute méthode mixte. Le ministre s’appuie sur la science pour expliquer son choix : « Cette pratique ne correspond pas à une bonne méthode » ajoutant que « ce sujet ne relève pas de l’opinion, mais de faits démontrés par la recherche ».

Du côté de Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, cette parution vise tout simplement à « donner l’impression que l’on met enfin les enseignants au boulot alors qu’ils se tournaient les pouces, c’est particulièrement malvenu, voire totalement méprisant ».

Ce que revendiquent les enseignants, c’est la pssiblité d’adapter la méthode à chaque élève, arguant que la réalité de la classe n’est pas assez prise en compte. Le gouvernement s’est d’ores et déjà défendu de « donner des ordres ».

 

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