Quand les paradis fiscaux remplissent les caisses des banques

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L’ONG britannique Oxfam a choisi de s’attaquer aux plus grandes banques européennes en dénonçant les bénéfices qu’elles réalisent grâce aux paradis fiscaux.

Des millions d’euros déclarés

Dans son rapport dévoilé aujourd’hui lors d’un événement organisé à Paris, l’ONG Oxfam par la voix de la coauteure du dossier Manon Aubry dénonce les bénéfices réalisés par les vingt plus grandes banques européennes : « Nous pointons le décalage entre l’activité déclarée par les banques dans les paradis fiscaux et l’activité réelle qu’elles y ont. C’est énorme ! », affirme l’organisation dont les membres se sont affichés à la station de métro Luxembourg dans une mise en scène étonnante. Incarnant de faux banquiers, ils se sont avancés sur un tapis rouge, portant des mallettes aux noms de grandes banques françaises. « C’est notre façon de mettre en image l’envol des bénéfices des banques vers le Luxembourg spécifiquement. Ce n’est pas le seul pays, mais c’est celui qui ressort le plus de notre étude, les banques européennes y avant déclaré collectivement plus de 100 milliards de bénéfices ».

Alors que l’on fêtera dans quelques jours le premier anniversaire de l’affaire des Panama Papers, l’ONG cherche à attirer l’attention des candidats à l’élection présidentielle française. Elle dénonce le peu de propositions faites au sujet des paradis fiscaux.

D’après cette étude, les banques « déclarent 26 % de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, soit 25 millirads d’euros en 2015, mais seulement 12 % de leur chiffre d’affaires et 7 % de leurs employés », ce qui constitue « un décalage flagrant » pour les membres de l’association. Ils soulignent que ce sont les mêmes entreprises qui déclarent « au global 628 millions d’euros (de bénéfice) dans des paradis fiscaux où elles n’ont pourtant aucun employé ».

La France concernée

Toujours selon le rapport, cette « utilisation abusive des paradis permet de délocaliser artificiellement leurs bénéfices pour réduire leur contribution fiscale, faciliter l’évasion fiscale de leurs clients ou contourner leurs obligations réglementaires ». Oxfam appuie ses informations sur des données pays par pays grâce aux révélations des banques elles-mêmes qui ont l’obligation de rendre publiques certaines données dans un souci de transparence. Parmi les paradis fiscaux les plus pointés du doigt, le Luxembourg, Hong-Kong et l’Irlande. Dans ce pays, cinq banques « ont même obtenu une rentabilité supérieure à 100 % et dégagent plus de bénéfices qu’elles ne font de chiffre d’affaires ».

Oxfam dévoile aussi que 4 des plus grandes banques françaises sont présentes aux Iles Caïmans où elles ont réalisé « 174 millions d’euros de bénéfice bien qu’elles n’y emploient personne ».

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